Les coureurs de la Transat Jacques Vabre ont une indéniable expérience en matière de course au large. Le briefing sécurité ne comportait donc pas réellement de surprises pour nombre d'entre eux. Mais tous étaient présents et attentifs aux exposés des différents intervenants : comité de course, représentants des organismes officiels, médecin conseil, les thèmes étaient classiques mais certaines réponses l'étaient déjà moins. C'est Sylvie Viant, Présidente du comité de course, qui ouvrait donc le bal : rappel des procédures de départ, des zones de sécurité réservées aux équipages, des consignes à suivre en sortant du port, descriptif des lignes de départ et d'arrivée : on était là en terrain connu. Inédit en revanche, le dispositif proposé par l'organisation pour chaque concurrent de disposer de vingt-quatre heures de navigation en mode furtif. Ce qui ne manquait pas d'amener quelques questions et de provoquer des réponses : le mode furtif pourra donc s'appliquer une seule fois pendant vingt-quatre heures par bateau. Il commencera impérativement au classement de 11 heures (TU+2) et le concurrent qui aura choisi de naviguer masqué recevra, pendant ces vingt-quatre heures, les positions des autres voiliers de la course.

Zone interdite Autre intervention remarquée, celle de l'officier de liaison du CROSS Jobourg qui explicitait les raisons qui avaient amené à l'interdiction de naviguer dans les dispositif de séparation de trafic (DST) au large des Casquets et de l'île d'Ouessant. Pour un porte-conteneur ou pour un pétrolier pouvoir infléchir sa route de 10° correspond à une man?uvre d'une quinzaine de minutes. Une difficulté de man?uvre difficilement compatible avec les exigences d'un bateau en course qui peut parfois frôler les limites en matière de croisements de route. Instruit par des difficultés récentes sur d'autres épreuves, c'est en concert avec l'organisation que les autorités ont jugé plus prudent d'interdire la navigation dans ces fameux DST. Plus connues des habitués de la course au large les interventions de Jean-Yves Chauve, médecin de la course ou de Pierre-André Saladé, représentant de la 24F, la flotte des avions d'intervention pour le sauvetage en mer, permettaient de valider à nouveau des procédures devenues classiques aux yeux des navigateurs : comment déclencher une alerte, les procédures à suivre en cas de problème médical? Les pilotes de la 24F sont maintenant en terrain de connaissances lors des briefings sécurité avec les navigateurs, fruit d'une coopération exemplaire depuis plusieurs années avec Pen Duick. Mais dans des exposés qui, compte tenu de la teneur des propos, restent forcément un peu arides, il fallait un brin de surréalisme pour détendre l'atmosphère. Objectif atteint par le docteur Chauve qui, présentant un schéma de stimulation de certaines zones primitives du cerveau en cas d'hypoglycémie, a déclenché l'hilarité générale devant la complexité du dessin proposé? Comme quoi, tenir un discours de prévention n'oblige pas de céder aux sirènes du catastrophisme.