Trois nouveaux projets qui voient le jour, des navigateurs de haut vol qui commencent à lorgner vers la série, une appétence des petites et moyennes entreprises pour un support qui reste encore accessible, la nouvelle classe Multi50 semble posséder tous les arguments nécessaires pour se développer. S'il en fallait une preuve, la construction de trois bateaux neufs pour la Transat Jacques Vabre témoigne bien de la vitalité nouvelle d'une classe qui n'attendait que ce coup de pouce? Malheureusement, l'accident survenu à Prince de Bretagne à quelques jours du départ, a contraint Hervé Cléris et Christophe Dietsch à remettre à l'eau leur ancien bateau, un handicap certain pour jouer la victoire finale. Mais aujourd'hui, la classe Multi50 est en train de gagner ses lettres de noblesse : celles de la confrontation sportive et de la légitimité d'un processus qui permet à des partenaires de s'engager dans des projets d'envergure sans pour autant casser la tirelire. Franck-Yves Escoffier, skipper de Crêpes Whaou ! et Président de la classe en sait quelque chose, lui qui n'a cessé d'?uvrer pour son développement depuis des années. Quitte à prêcher parfois dans le désert, il a tenu bon, persuadé de l'avenir d'une formule qui permet à un partenaire d'être présent sur les plus grands rendez-vous transatlantiques pour un budget de 450 à 650 000 ? par an.

Un état des lieux riche de promesses

Pour cette édition 2009, Franck-Yves Escoffier associé à Erwan Leroux devra affronter un autre duo redoutable composé d'Yves Le Blévec et Jean Le Cam (Actual). Sans oublier le tandem Victorien Erussard ?? Loïc Féquet (Guyader pour Urgence Climatique) qui, s'il ne dispose pas d'un bateau dernier cri, a l'avantage de connaître sa monture sur le bout des flotteurs. Aujourd'hui, la classe Multi50 ne compte encore que six bateaux au départ? Mais structuration du circuit et apport de nouvelles compétences aidant, il ne serait pas étonnant que d'autres navigateurs viennent grossir leurs rangs d'ici peu. Pour peu que les responsables de la classe ne se départissent pas de l'esprit de responsabilité qui a été le leur jusque là, le circuit devrait continuer de se structurer : on parle ainsi de quelques trophées où l'esprit d'ouverture au grand public restera la dominante, d'une grande épreuve transatlantique par année et d'une course semi hauturière de mille à mille cinq cents milles. L'élégance d'un trimaran apprivoisant les vagues, tel le vol d'une libellule, mérite bien qu'on accorde quelques égards à l'émergence de cette classe d'un nouveau genre.

Ecoliers et ministres

Cette journée du 5 novembre a aussi vu la visite de près de 500 écoliers havrais qui ont pu rencontrer quelques uns des navigateurs de la course. L'occasion pour eux de mieux comprendre les réalités d'une épreuve en double sur l'Atlantique nord à l'occasion d'un jeu de questions réponses avec les skippers. Toujours au chapitre des animations, la venue de Laurent Ruquier et de son équipe, à l'occasion de son émission quotidienne de vendredi. L'animateur de radio, qui a toujours revendiqué ses origines havraises, sera donc présent le temps d'un direct. Sur les quais toujours, la ville du Havre et la société Kraft se voyaient remettre en fin d'après-midi un diplôme d'honneur pour leurs actions en faveur du développement durable par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Enfin sur le bassin de l'Eure, la régate des différentes universités et grandes écoles organisée à l'occasion sur le même schéma que le prologue propulsait les étudiants d'HEC sur la plus haute marche du podium. En attendant le point d'orgue que devrait constituer le départ de la flotte dimanche, il y a matière à flâner sur les quais du bassin Paul Vatine.