En matière de course au large, une bonne nouvelle n'arrive jamais seule. Ainsi, au fur et Ă  mesure que les marins s'Ă©loignent d'un port de dĂ©part, laissant souvent un climat automnal derrière eux, et gagnent dans le Sud Ouest, ils trouvent, en toute logique, des conditions de navigations qui se conjuguent entre chaleur et plaisir absolu de la glisse Ă  bord de leurs belles machines. Et forcĂ©ment, ce sont presque toujours les premiers qui bĂ©nĂ©ficient de ces bouleversements attendus. Cette neuvième Ă©dition de la Transat Jacques Vabre ne dĂ©roge pas Ă  la règle et les tĂ©moignages de marins comme Marc Guillemot ou Kito de Pavant sont lĂ  pour le confirmer. Si depuis plusieurs jours, la perspective de pouvoir aĂ©rer les acteurs et leurs accessoires tourne dans les esprits comme une obsession, il semble que le moment soit arrivĂ©. Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'heure n'est pas non plus Ă  une neutralisation de la course pour cause de grand chambardement mĂ©nager. C'est juste que la vie devient plus facile et plus agrĂ©able Ă  bord des destriers en carbone, quand les manĹ?uvres se font sur le pont en Ă©tant libĂ©rĂ©s des entraves qui peuvent constituer les cirĂ©s et autres vĂŞtements chauds. Comme un avant-goĂ»t de l'ambiance des plages du Costa Rica, ces instants de confort relatif sont forcĂ©ment apprĂ©ciĂ©s. CĂ´tĂ© course, on ne laisse rien au hasard et Ă  la contemplation. Relativement serein, le leader du moment, Marc Guillemot, affichait ce matin la confiance des grands jours, estimant, qu'Ă  moins d'un pĂ©pin ou d'une casse, le podium de cette Transat Jacques Vabre allait se jouer entre le duo qu'il forme avec Charles Caudrelier BĂ©nac, Kito de Pavant et François Gabart et enfin Mike Golding et Javier Sanso. Sur le papier, force est de constater que la thĂ©orie du marin de Saint-Philibert est plus que fondĂ©e. Mais est-il bien raisonnable d'envisager une seule seconde que les compĂ©titeurs acharnĂ©s que sont Michel Desjoyeaux et JĂ©rĂ©mie Beyou ont dĂ©cidĂ© de rendre les armes et de ne pas entrer dans cette lutte pour une place d'honneur ? Certes Ă  ce stade du jeu, le dĂ©fi paraĂ®t difficilement surmontable, mais une fois parĂ© l'arc Antillais, les opportunitĂ©s les plus folles pourraient se prĂ©senter Ă  tous.

Difficile d'appliquer la même philosophie à la flotte des Multi50, tant le delta est grand du point de vue de la performance des bateaux. Il est en effet aujourd'hui inconcevable pour Victorien Erussard et Loic Fecquet ou Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro, de venir titiller les flotteurs de Crêpes Whaou !Mais si le tenant du titre fait cavalier seul en tête, déployant actuellement tout le potentiel de cette nouvelle monture, derrière, la bagarre pour la deuxième place n'est pas dénuée de sel et enthousiasme manifestement ses protagonistes. Une chose est sûre, les Tropiques vont bien aux marins et du gris de cet automne qui bât son plein en France, leur sort est définitivement des plus enviable�

Ils ont ditâ?¦

Marc Guillemot â?? Safran 1er au classement de 5 h « C'est agrĂ©able : on n'est plus en cirĂ© et on peut passer du temps dehors mais on va moins vite. Ă?a nous permet de nous aĂ©rer et de se balader sur le pont. Tout va bien sur le bateau et rien ne nous empĂŞche d'avancer, tout est sous contrĂ´le. On a encore des affaires qui sont humides mais pas beaucoup : Ă  mon avis demain on aura tout sĂ©chĂ©. On surveille de près les camarades qui sont juste derrière nous : Groupe Bel et Mike Golding. Si il n'y pas de casse, la course se joue dĂ©sormais entre nous trois : les autres sont trop loin. En ce moment les conditions mĂ©tĂ©o nous permettent de rĂ©cupĂ©rer : on pourra attaquer ainsi la deuxième partie plus reposĂ©. »



Loic Fequet - Guyader pour Urgence Climatique 2ème au classement de 5h « Tout va bien sur le bateau. Victorien est en train de dormir mais bientĂ´t ce sera son tour et il prendra la barre. Depuis hier ça marche plutĂ´t bien : on a enfin retrouvĂ© des conditions agrĂ©ables, on ne met plus de cirĂ© ! Tout cela nous permet de faire des pointes Ă  18 nĹ?uds. Lalou et Amaiur sont encore derrière nous : pour l'instant ils ont du mal Ă  nous suivre. Il faut dire aussi que notre bateau marche bien au portantâ?¦ »

Kito de Pavant â??Groupe Bel â?? 2ème au classement de 5h « C'est les Tropiques ! Maintenant on marche Ă  18 nĹ?uds et rien que le fait de sortir du bateau et de ne pas avoir des vagues sur la tĂŞte Ă  chaque fois qu'on est dehors, c'est un vrai bonheur ! Cela nous Ă©tait arrivĂ© seulement au Havre, au dĂ©part. La mer s'est donc nettement calmĂ©e depuis hier soir et on espère faire sĂ©cher tout ce qui est encore humide. Ă?a fait dix jours que cela dure et ça a Ă©tĂ© pĂ©nible. Ce soir il va peutâ??ĂŞtre y avoir une option Ă  jouer. On essaye de se dĂ©caler plus au Sud. Au Nord il y a une zone de vent faible et on voudrait l'Ă©viter. On essaiera d'ĂŞtre plus vent arrière en approchant des Antilles. C'est une course de vitesse ».