première édition du DIEP dip

(« profond » en néerlandais, première appellation de la ville de Dieppe au Moyen-Age). Ce Festival de la Côte d??Albâtre, ouvert à diverses formes artistiques contemporaines, est conçu comme un parcours à travers le territoire de Dieppe maritime, bucolique et portuaire à la fois. Cette première édition, dédicacée aux apports des impressionnistes dans ce paysage historique, fait partie du Festival Normandie Impressionniste 2010. Alice Schÿler Mallet et Philippe Terrier-Hermann, commissaires du Festival Les impressionnistes ont révolutionné la peinture en donnant à voir une impression subjective d??un paysage, et non plus une représentation objective du monde. Cette nouvelle conception de l??art est toujours de mise dans la pratique d??artistes contemporains, qui traitent du réel à travers le prisme de leur sensibilité et de leurs perceptions. Le festival DIEP propose de revisiter les lieux historiques et emblématiques de la région dieppoise, en invitant des artistes à investir ce territoire et à s??inspirer de son patrimoine artistique. Les oeuvres présentées, parfois pensées et créées pour le lieu, réactiveront l??Histoire et les histoires : elles seront à voir comme de nouvelles impressions, qui valorisent la richesse patrimoniale en la réactualisant. Les paysages, l??architecture, l??activité sociale, en bref les spécificités géographiques et humaines constituent autant d??aspects évoqués par les impressionnistes autrefois et les artistes d??aujourd??hui. Un parcours, allant du Manoir d??Ango à la centrale de Penly et prenant l??approche impressionniste comme fil conducteur, permettra de re-découvrir ces sites remarquables avec un nouveau regard. Des figures emblématiques liées à la région telles que Debussy, Ravel, Renoir, Maupassant, Monet, Cocteau, Turner ou Wilde seront les guides de cette balade culturelle ; des installations plastiques, des films, des photographies, des concerts, en seront les étapes à explorer.

Programme (sous réserve et non exhaustif) Horaires communs à tous les lieux du mercredi au dimanche de 14h à 18h (certains lieux ont des horaires plus larges). Informations : Association Cybèle : 06 73 99 53 24 / 06 74 67 12 58 www.normandieimpressionniste.fr Navette en bus à réserver auprès de Créabus 02 32 14 09 09 Présentation à la presse le jeudi 8 juillet Vernissage le vendredi 9 juillet de 17h à minuit Expositions Dieppe - Médiathèque Renoir, 1 quai Bérigny (jusqu??au 29 août) Simon Faithfull, We Climbed round?, vidéo, 12mn, 2005 Dieppe Château ?? Musée, rue de Chastes Ange Leccia, La Mer, 1991, vidéo, 4mn Gabor ?sz, Stavern B. (Norvège), 2001 Photographie camera obscura Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann, Persicaire, 2010, Film, 8mn Centre d??information de la Centrale nucléaire de Penly Christian Merlhiot, Le Procès d??Oscar Wilde, 2010, Film, 48 min Arques la Bataille - Groupe scolaire George Thurin, Place Léon Baudelot Marti Folio, Peintures, 2010 Xavier Veilhan, Paysage fantôme N°5, 2003 et Six animaux, 1989 Véronique Ellena, Paysages, 2009, photographies Varengeville sur Mer - Manoir d??Ango, Route du Manoir d'Ango Rada Boukova, De l??illusion, installation, 2010 Alice Schÿler Mallet, Light, Space, Water, installation, 2010 Sari Myöhänen, installation in situ, 2010 Anri Sala, Time after time, vidéo, 5 min 22, 2003 Evénements Varengeville sur Mer - Bois des Moutiers, Route de l??Eglise Vendredi 9 juillet à 22h : Mise en lumière et en musique par Jean-Michel Bertin et invité surprise Samedi 17 juillet à 20h30 : Norman Yamada, Claude Debussy, Maurice Ravel, Albert Roussel, Eric Satie concert Vendredi 23 juillet à 20h30 : Edward Barrow concert Dieppe Scène Nationale, 1 quai Bérigny Samedi 24 juillet -18h30 - Un voyage impressionniste à travers la collection Nouveaux médias du Centre Pompidou par Florence Parot -20h30 -«Une partie de campagne» de Renoir + «La Dérive» de Terrier-Hermann Expositions Dieppe Médiathèque Renoir, 1 quai Bérigny, Dieppe (jusqu??au 29 août) Simon Faithfull We Climbed round a final ridge and saw a whaling-boat entering the bay 2500ft, below. A few moments later we saw the sheds and factory of Stromness whalingstation. We paused and shook hands. Ernest Shackleton, 2005 Vidéo, 12mn Des otaries se sont approprié une station de pêche désertée par les hommes. La scène est incongrue, drôle et poétique; rien de dramatique dans cette disparition de la présence humaine, puisque le lieu est devenu le terrain de jeux des animaux. En 2005, Simon Faithfull part en Antarctique avec une équipe de scientifiques sur le navire Ernest Shackleton. Cette vidéo fait partie du « Ice Blink Project », c??est-à-dire de ce voyage, et de ce que l??artiste en a ramené afin d??en rendre compte. Le titre raconte la découverte de la station de pêche, suggérant que la vidéo serait une sorte de journal de bord : l??artiste rapporte ce qu??il a vu, ses impressions de voyage, ici sa surprenante rencontre avec des otaries. Simon Faithfull est un aventurier, un explorateur. Sa pratique s??articule autour du déplacement, et de la manière dont il peut en témoigner, ce qui le place dans l??héritage du Land Art. L??artiste fait l??expérience du monde, et se confronte à son étendue, à ses lieux les plus reculés. Ce sont les impressionnistes qui les premiers sont sortis de l??atelier pour aller peindre en plein air les choses telles qu??ils les voyaient. Les artistes du Land Art vont plus loin en privilégiant l??expérience du lieu plutôt que les images qu??ils en ramènent, qu??ils considèrent comme de simples documents. Chez Simon Faithfull, le voyage est une expérience, au croisement entre approche scientifique et poétique du monde. Le processus de création s??ancre dans une pratique concrète, positiviste, mais laisse aussi une large place à la subjectivité, lorsqu??il retranscrit ses expériences par des esquisses, qu'il publie ensuite sur son site internet. Il est finalement plus proche de l??inventeur fou que du scientifique, puisque ses expérimentations visent à créer des situations souvent burlesques plus qu??à établir des faits objectifs. Dans la vidéo 0°00 Navigation, l??artiste suit à pied le méridien de Greenwich en Angleterre, rencontrant de nombreux obstacles durant son périple. Avec humour, il donne une réalité à cette ligne imaginaire qui sert de repère à tous les voyageurs. L??ailleurs du voyage évoque chez lui le merveilleux d??un Jules Verne, ou la folie d??un Icare : il s??agit de dépasser les limites humaines, de découvrir le monde, d??en révéler la magie, que ce soit dans l??espace ou sur les mers. Simon Faithfull, né en 1970 en Angleterre, vit et travaille à Berlin. Il termine ses études d??arts plastiques en 1996, et depuis pratique surtout la vidéo et le dessin, en développant une esthétique "low tech" qui traduit son esprit d'aventure. Parmi ses expositions les plus importantes on peut citer « Temporary Accomodation » à la Whitechapel Gallery de Londres (2001), avec Bruno Peinado à la Parker??s Box, à Brooklyn (2002), «Hard drive » à l??Institute of Contemporary Arts de Londres (2004), « Antarctica Dispatches » au Centre for Contemporary Arts de Glasgow (2005), « Gravity sucks » au British Film Institute gallery à Londres (2008), ou encore « Voyages extraordinaires », avec Christoph Keller, au Crac Alsace (2010). Château ?? Musée, rue de Chastes, Dieppe Ange Leccia La Mer, 1991, vidéo, 4mn Dans cette vidéo sans début ni fin, Ange Leccia enregistre avec un point de vue inhabituel le mouvement infini des vagues, qui se forment puis viennent s??épuiser sur la plage. Le rythme de la mer, le silence, les couleurs intenses et la transformation des formes fascinent et invitent à la contemplation. Pour les peintres impressionnistes, la mer était un sujet idéal pour rendre compte de la lumière et du mouvement, ainsi que des couleurs de l??eau et du ciel variant à chaque instant. Chez Ange Leccia, les phénomènes naturels permettent aussi de donner à voir l??apparition et la disparition de l??image, sa propre matérialité. La vidéo compose un tableau presque abstrait, voire virtuel, comme ces animations graphiques produites par ordinateurs. L??absence de profondeur renforce cette impression : on est face à un écran, à une surface, l??image est en deux dimensions. Cela pourrait durer toujours, le rythme de la mer se faisant une mesure du temps qui passe, de l??éternité du cycle naturel. Ange Leccia dit lui-même : « Mes pièces sont comme des sabliers, des moments qui s??épuisent et se régénèrent sans cesse. » On pourrait aussi voir ce travail comme une étude quasi scientifique, un relevé des mouvements marins, des variations du flux et du reflux, qui hypnotise le spectateur. Ange Leccia ne se situe pas dans un genre, au contraire, il mêle le documentaire au poétique, à l??esthétique, et parfois même au politique. En confrontant des figures féminines fantomatiques à des explosions ou à des ambiances urbaines, il crée des « voyages impressionnistes ». Le contenu de ses films dégage souvent une impression d??étrangeté, par ce montage d??images diverses, et par leur rythme particulier, l??utilisation du ralenti créant une sensation de temps suspendu. L??artiste travaille aussi sur le dispositif de projection, en multipliant les écrans, ou en utilisant un mur de parpaings comme support. Il parle de ses oeuvres non pas comme des installations, mais comme des « arrangements», désignant ainsi la capacité des objets à s??adapter et à entrer en situation. Ange Leccia, né en 1952 à Minerviu en Corse, vit et travaille à Paris. Après des études d'arts plastiques, il s'est engagé dans une double activité de plasticien et de cinéaste, et initie ses recherches en tant que pensionnaire à l'Académie de France à Rome. Dans ses films, il développe une réflexion sur le vocabulaire cinématographique, jouant sur les éléments formels pour modifier le regard. Il a réalisé Ile de Beauté (1996) et Gold (2000), Malus (2002) et Personne n??est à la place de personne (2010) avec l??artiste Dominique Gonzales-Foerster, ainsi que les long-métrages Azé, sorti en salle en 2004, et Nuit bleue, présenté au festival de Rotterdam en 2010. Depuis 2001, il dirige Le Pavillon, cellule de recherche pour jeunes artistes du Palais de Tokyo. On a pu voir son travail au High Museum d??Atlanta (1995), au Musée d??art moderne de Paris (1997), au Creative Time de New-York et au National Museum of Contemporary art d??Oslo (1999), au Château de Tours (2004), ou au Musée Bourdelle (2009). Il est représenté par la galerie Almine Rech, qui lui consacrera une exposition personnelle en juin 2010. Gabor ?sz Stavern B. (Norvège), 2001 Photographie Cibachrome camera obscura La pratique de Gabor ?sz est fortement déterminée par la technique qu??il emploie : le sténopé, ou camera obscura. Le sténopé permet d??obtenir des photos sans appareil photo, et sans passer par le négatif puisque c??est le papier qui est directement exposé. Cette photo fait partie de la série The Liquid horizon, que l??artiste a réalisé à partir des blockhaus du Mur de l??Atlantique. Gabor ?sz a utilisé les blockhaus comme des camera obscura : en laissant le papier photo pendant au moins 4 heures à l??intérieur, il obtient une photo du paysage visible par les meurtrières. A l??opposé d??un instantané, c??est l??image d??une durée, puisque les seuls éléments que l??on peut voir sont ceux qui n??ont ni changé ni bougé. D??une certaine façon, c??est la démarche inverse de celle des impressionnistes, qui cherchaient justement à saisir l??instant. Stavern B. (Norvège) entre en résonnance avec La Mer d??Ange Leccia que l??on peut voir également au Château-musée : alors que la vidéo enregistre les variations du mouvement des vagues, le sténopé de Gabor ?sz les efface. L??image obtenue par Gabor ?sz semble irréelle, la lumière est diffuse et les couleurs sont un peu passées comme sur de vieilles photos. Des éléments se sont imprimés sur le papier puis ont disparu en se fondant avec d??autres : c??est une accumulation d??instants dont ne reste que le permanent, ce qui constitue pour l??artiste « la présence fondamentale du paysage ». Avec cette forme épurée, l??artiste invite à la contemplation, mais cette image qui s??apparente à la persistance rétinienne nous parle aussi du fonctionnement de la mémoire. Le choix des blockhaus n??est pas anodin, on pense forcément aux soldats allemands qui étaient postés là à scruter l??horizon, même si l??artiste n??en parle pas explicitement. Il s??intéresse plutôt au blockhaus d??un point de vue architectural, dans le rapport qu??ils entretiennent à leur environnement. Ceux qu??il a choisit sont des observatoires, partiellement enfouis dans le sol, ils sont entièrement conçus pour regarder l??extérieur. Ils garantissent une obscurité dans laquelle se fondre, et qui permet à l??artiste de produire des images. Ces constructions peuvent aussi faire penser à des tombeaux, ce qui fait dire à ?sz qu?? « un rapport mystérieux s??établit entre les constructions vouées aux cultes des morts et l??architecture militaire ». Il pense en particulier aux monuments égyptiens ou aztèques. Ce sont certainement des espaces chargés d??histoires et de mystères, qui peuvent aussi bien rassurer qu??effrayer. Quelque chose de cette ambiance étrange se reflète dans l??image, et éveille un sentiment d??abandon et de calme, comme une présence insaisissable. Gabor ?sz, né en Hongrie en 1962, vit et travaille à Amsterdam depuis 1993. Il y a achevé ses études artistiques, après avoir résidé un an aux ?tats-Unis. Dans sa pratique du sténopé, il questionne la photographie et l??architecture, dans les rapports qu??ils peuvent entretenir. Son travail est régulièrement présenté à la galerie Lovenbruck à Paris, ainsi que dans des institutions telles que le CCC de Tours (2001), le Musée des Beaux-Arts de Montréal (2003), le Musée Kranenburg à Bergen (2009). Il a également participé à des expositions collectives, entre autres « Contemporary Dutch photography » au Kumho Museum of Art à Séoul (2005), « L??Invention du paysage », au Musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier (2005), ou « Nature as artifice », au Kröller-Möller Museum (2008). Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann, Persicaire, 2010 Film, 8mn Ce film réalisé spécialement pour le Festival par Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann propose une visite subjective du Bois des Moutiers, ensemble architectural et parc conçus en 1898 par le célèbre architecte anglais Sir Edwin Lutyens avec l??aide de la paysagiste Miss Gertrude Jekyll. Cette sublime propriété « Arts & Crafts » a reçu nombre d??hôtes de prestige et a marqué nombre d??artistes de la période impressionniste à nos jours. Le film présenté au Château-Musée de Dieppe, à proximité des peintures de Jacques Emile Blanche, s??inspire librement des souvenirs de la visite de la propriété que ce dernier a faite avec Jean Cocteau en 1913. Ce souvenir du Bois des Moutiers fait partie d??un ensemble d??écrits et de dessins considéré par l??auteur comme sa première oeuvre : Le Potomak. Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann proposent dans cette vidéo, Persicaire, pseudonyme attribué à J-E Blanche, de se plonger au rythme des images évoquées par Cocteau. En effet, le texte du Potomak est déconstruit et tente de rattacher les souvenirs de ce lieu magique et habité tant par des présences humaines, spirituelles qu??artistiques. La conception même de l??architecture et des jardins place le spectateur hors du temps et laisse des images floues mais indélébiles de ce lieu fantastique. La relation entre les espaces intérieurs et extérieurs, la diversité des espèces végétales, les regards perçants des portraits, la mixité des points de vue, l??harmonie des meubles et des objets, tout est là pour rappeler le génie du lieu et sa potentialité à nous déplacer dans d??autres espaces, dans d??autres temps, avec Cocteau ou sans? Andy Gillet est né en 1981 à la Réunion. Comédien, il a joué le rôle de Scipion dans Caligula au théâtre de l??Atelier et a interprété le rôle de Raphaël dans une Nouvelle chance en 2006 de Anne Fontaine et le rôle de Céladon dans Les Amours d??Astrée et de Céladon en 2007 de Eric Rohmer. En 2009 on a pu le voir dans La dérive de Philippe Terrier-Hermann et Antique de Min KyuDong. En 2010, il tourne avec Nina Companeez et Sam Samore. Philippe Terrier-Hermann est né en 1970 en France. Après des études aux Beaux-Arts de Rouen et à la ??School of the Art Institute of Chicago?, il a réalisé son premier travail intercontinental 1996-2000 à la Rijksakademie à Amsterdam. Il a exposé son travail photo ou vidéo au Frac Haute-Normandie, au Centre National de la Photographie à Paris, au Museum voor Fotografie à Anvers, à la Biennale de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, à la villa Arson à Nice, à la Biennale de Busan en Corée du sud. Ses vidéos ont été projetées à La Fémis à Paris, au Super Deluxe à Tokyo, aux Ets d'en face à Bruxelles, à De Appel à Amsterdam, au Jeu de Paume, au Grand Palais à Paris et aux cinémathèques espagnole et française. Certaines font aussi partie des collections du Centre Pompidou à Paris. Il a publié quatre ouvrages Fascination & Romans, internationales, 106 beautés japonaises et 93 beautés Hollandaises. Penly C entre d??information de la Centrale nucléaire de Penly Christian Merlhiot, Le Procès d??Oscar Wilde, 2010, Film, 48mn, vf st ang. Oscar Wilde était proche des impressionnistes, en particulier du peintre James Whistler. Il a expérimenté des rapprochements entre poésie et peinture sous la forme de « poèmes visuels » qu??il nommait Impressions, et a toujours défendu la subjectivité en art. En 1897, à l??issue d??un procès qui se retourne contre lui, il est reconnu coupable d??homosexualité et condamné à deux ans de travaux forcés. A sa libération il change d??identité, quitte l??Angleterre pour Dieppe et s??installe à Berneval, puis à Paris. Pour son film, Christian Merlhiot a sélectionné de larges extraits du procès afin de rendre compte de ce dernier « coup de théâtre » dans la vie de l??auteur. Il ne s??agit pourtant pas d??une reconstitution historique ; en effet, le film met en scène un jeune traducteur travaillant à la version arabe du procès et c??est le même acteur, Nasri Sayegh, qui interprète seul les différents rôles. Pour le réalisateur, ce travail de traduction actualise le texte et restitue une part de sa subversion en le déplaçant dans une partie du monde, le Moyen-Orient, où l??homosexualité est encore pénalisée aujourd??hui. C??est aussi un moyen d??interpréter ce texte c??est à dire d??assumer une distance historique pour le mettre en perspective. Le film ne suit d??ailleurs pas le déroulement chronologique du procès. Le réalisateur sépare le réquisitoire et la défense pour faire entendre deux textes séparés, la condamnation de Wilde et de son oeuvre d??un côté, jugés « sodomitiques », et le « testament spirituel » de l??écrivain de l??autre, défendant l??intégrité de son oeuvre et sa vision de l??art au-delà de la moralité. Christian Merlhiot cherche à traduire visuellement le procès et ses enjeux en travaillant le rythme et l??atmosphère du film. L??action se déroule entre une fin d??après-midi et le matin suivant, en huis-clos, et ce sont les variations de lumière et de couleur qui identifient les personnages incarnés par le traducteur. La relation entre le texte et le film est de l??ordre de la correspondance plus que de l??illustration. Les mots et les personnages coïncident avec des moments de la journée, des ambiances et des sensations. Le réalisateur déclare vouloir donner une présence physique au texte : l??acteur, Nasri Sayegh, lui donne corps, il incarne « la part charnelle » sous-jacente dans le texte. Christian Merlhiot est né en 1963 à Niort. Il a suivi des études à l???cole nationale des Beaux-arts de Bourges de 1981 à 1987. Il a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 1994 et y réalisa son premier long métrage, Les Semeurs de peste, sorti en salle en 2003. Il a enseigné le cinéma dans plusieurs écoles d??art, et il est actuellement responsable pédagogique du Pavillon, Laboratoire de création du Palais de Tokyo, à Paris. Il a également fondé un collectif, pointligneplan qui situe ses enjeux au croisement entre arts plastiques et cinéma. Parmi les films qu??il a réalisés, Silenzio, tourné au Japon, est sorti en salle en 2006, et Des Indes à la planète Mars en avril 2008. Arques la Bataille Groupe scolaire George Thurin, Place Léon Baudelot, Marti Folio, peintures, 2010 Né en 1972, Marti Folio vit et travaille à Dieppe. Plasticien autodidacte, il pratique peinture et sculpture. Au Groupe scolaire Georges Thurin, il présente un ensemble de peintures sur la thématique du bocage, que Turner avait également traitée lorsqu??il avait séjourné dans la région. Projet en cours de réalisation. Xavier Veilhan Paysage fantôme N°5 (2003), reproduction photomécanique, aluminium laqué et sablé et Six animaux (1989), sculpture bois, résine de polyester peint, verre La représentation, chez Xavier Veilhan, passe par une schématisation ou une simplification des formes. Dans la série des Paysages fantômes, les détails et les couleurs sont éliminés, l??image est réduite à des pixels. Pixels qui pourraient être l??équivalent numérique de la touche du pinceau impressionniste ou pointilliste. L??artiste s??attaque à des archétypes de l??art, ici un paysage « cliché », les falaises d??Etretat traitées de nombreuses fois par les peintres impressionnistes Eugène Boudin, Claude Monet, Eugène Delacroix. Mais l??impression livrée par Xavier Veilhan est celle d??une image qui tend à sa plus simple expression formelle, et non à rendre la lumière propre à un instant, à exprimer une sensation du paysage. Les Six animaux sont les spectateurs inattendus de ce paysage. Schématisés eux aussi, tous ramenés aux mêmes dimensions sans souci de réalisme, ils forment une communauté, au statut indéterminé, entre jouets, totems et statues. Si Xavier Veilhan convoque l??héritage impressionniste, il peut aussi être considéré comme un artiste pop, puisqu??il s??attaque à des canons artistiques en les numérisant, ce qui les ramène à la banalité quotidienne, d??images vues sur internet, réduites par la compression qui permet leur circulation. C??est comme si l??image s??épuisait dans son succès, à être vue et revue, elle perd de son aura. On atteint ici les limites de la figuration : en s??approchant du tableau, on ne voit plus qu??une grille, l??image n??est plus saisissable, on est dans l??abstraction monochrome. Il faut s??éloigner pour que l??image apparaisse : cette nécessité du mouvement du spectateur n??est pas sans rappeler les phénomènes développés par l??art optique dans les années 60. Les Paysages fantômes sont réalisés « en retirant de la matière plutôt qu??en l??ajoutant » : la trame est obtenue par sablage d??une plaque d??aluminium laquée, et l??image a subi un traitement numérique. On assiste donc à un effacement du geste de l??artiste. Xavier Veilhan touche à la fois à l??académisme et à l??ultra-contemporain. Dans ses sculptures, Xavier Veilhan pratique également le mélange des genres : nous sommes devant des figurines élevées au rang de sculptures au sens classique du terme. La neutralisation de leur singularité, de leur taille et de leur couleur, en fait des animaux génériques, dont les formes simplifiées à l??extrême pourraient rappeler un certain art naïf, un artisanat populaire, ou encore les processus de standardisation dans le domaine du design. Ce drôle de bestiaire, aussi incomplet et hasardeux qu??il soit, touche autant au livre d??images qu??au mythe de l??arche de Noé. Là encore, en mettant en oeuvre très peu de moyens, l??artiste questionne la représentation et ses codes, en l??amenant à une forme d??universalité. Mais c??est aussi une scène qui se joue sous nos yeux : l??effet de groupe amène une certaine théâtralité, et on pourrait facilement imaginer les conditions de cette improbable rencontre, et les paroles que s??échangeraient le dauphin et la marmotte, ayant trouvé un dénominateur commun. Né à Lyon en 1963, Xavier Veilhan a débuté ses études artistiques à l'?cole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris en 1982-1983, puis a suivi des cours à la Hochschule der Künste à Berlin, avant de s'inscrire en 1989 à l'Institut des Hautes Etudes en Arts plastiques à Paris, où il a été l??élève de Daniel Buren. Figure phare de la scène française, Xavier Veilhan se dit « artiste classique », tout en utilisant des techniques de pointe. Pratiquant la peinture et la sculpture, il questionne le statut des images dans la société moderne. Il a réalisé de nombreuses expositions personnelles, entre autres au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (1993), au Mamco de Genève (1999-2000), au Magasin de Grenoble (2000), au Centre Pompidou de Paris (2004), au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (2005), et a investi le Château de Versailles (2009). Véronique Ellena Paysages, 2009, photographies Les photographies de Véronique Ellena reflètent une vision épurée du monde, reposant sur une observation subtile et attentive. Ses paysages invitent à la contemplation, et sont porteurs, dans leur simplicité même, d??une certaine émotion silencieuse. Cette série nous renvoie aux fondamentaux de la peinture classique, par la rigueur et la sobriété de la composition, la qualité technique et plastique des images. Ce sont les mêmes lieux que traitaient les impressionnistes, cadrés frontalement de manière à immerger le spectateur. L??artiste porte elle aussi beaucoup d??attention aux couleurs et à la lumière, qu??elle soient intenses, comme dans Le Havre, ou toutes en nuances dans Sète. En donnant ainsi le nom du lieu pour titre, Véronique Ellena nous ramène à l??essentiel, à cette présence de l??espace, sans aucune distraction, sans nous amener ailleurs. Il s??agit donc d??être attentif à la beauté du paysage, dans l??ici et maintenant de la photographie, attentif aussi aux impressions qu??elle éveille en nous. Véronique Ellena est née en 1966 à Bourg en Bresse. Elle a suivi des études à l??Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre à Bruxelles. Ses photographies sont présentes dans de nombreuses collections privées et publiques (Musée National d??Art Moderne Centre Georges Pompidou, Fond National d??Art Contemporain, Musée de la Photographie de Charleroi, Frac Ile de France, ?). En 2007-2008, elle a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Parmi ses expositions, citons le Musée Malraux au Havre, le Sungkok Museum de Séoul, le Casino au Luxembourg, et l??été dernier à Arles, pour le prix Découverte avec Christian Lacroix. Varengeville-sur-Mer Manoir d??Ango, Route du Manoir d'Ango Rada Boukova, De l??illusion, 2010, installation Une clé en néon éclaire le grésillement et l??espace du branchement électrique résonne dans l??espace clos. L??artiste joue ici sur le double sens des mots et des choses : la clé sert à ouvrir et à fermer, mais au sens figuré, une clé est aussi un outil de compréhension ou d??explication. Ce message est ici doublé par la symbolique de la lumière, qui éclaire et permet de voir. Cette oeuvre ne renvoie donc à rien d??autre qu??à elle-même : elle est sa propre clé, sa propre lumière. Avec le néon, la lumière et la couleur, qui fascinaient les impressionnistes, ne font qu??un avec l??objet. On peut alors questionner les éléments ici rassemblés : la lumière pourrait être la clé de la couleur ? Ou la couleur la clé de la lumière ? Tout en s??intéressant aux mêmes phénomènes que les impressionnistes, Rada Boukova dépasse le caractère éphémère et subjectif des choses : le néon diffuse une lumière froide sans variation. QuickTime? et un décompresseur TIFF (non compressé) sont requis pour visionner cette image. Rada Boukova, née en 1973 à Sofia, vit et travaille entre la France et la Bulgarie. Parallèlement à ses études à l??Académie Nationale Supérieure d??Arts de Sofia (1997) elle a créé la scénographie et le son pour plusieurs spectacles. Elle sera ensuite diplômée aux Beaux-arts de Paris. Parmi les différents lieux où elle a exposé, citons Mains d?? OEuvre à St Ouen, le Passage de Retz à Paris, le Palais de Tokyo à Paris, la Sofia City Art Gallery. Elle a également participé aux biennales de Busan en Corée du Sud, et de Dieppe Le Temps d??une marée. Alice Schÿler Mallet, Light, Space, Water, 2010, installation Alice Schÿler Mallet compose un volume en utilisant des plumes de couleurs comme autant de tâches de peinture juxtaposées. Comme les impressionnistes, elle travaille ici par touches de couleur et de lumière, mais elle passe de la surface de la toile à un espace en trois dimensions. L??installation de plumes suspendues prend la forme d??un plafond vaporeux, presque impalpable. L??artiste travaille souvent in situ, en résonnance avec l??histoire et les vibrations du lieu : ici, elle s??est inspirée des empreintes d??arcades visibles sur un mur de la tour orthogonale du Manoir d??Ango, ainsi que de la légèreté de l??élévation architecturale. Le nuage de plume incarne une mémoire infidèle, une impression subjective de ce lieu. L??installation fait également référence à un passage d??Une Vie de Maupassant « Jeanne ? un peu étourdie par le bercement des vagues, regardait au loin et il lui semblait que trois seules choses étaient vraiment belles dans la création : La lumière, l?? espace et l??eau ? les grandes arcades d??Etretat pareilles à deux jambes de la falaise, marchant dans la mer ». Light, Space, Water crée ainsi un lien entre l??espace fictif roman et l??espace réel du manoir. Cette association d??idées s??ancre plus dans une impression abstraite des éléments sensibles en présence que dans une figuration. On serait en quelque sorte devant une image mentale, un espace suspendu où la matière est réduite à une présence aérienne apte à recevoir la lumière et à la capturer. Alice Schÿler Mallet dit rechercher des matières, textiles ou organiques, sur lesquels la lumière pourrait s??imprimer comme sur du papier photo. Cette pratique s??apparente à une forme de magie : la recherche d??une formule plastique qui pourrait ainsi rendre visible l??invisible, le désir de donner forme à des sensations, de fixer des impressions fugaces. L??artiste utilise pour cela des matériaux de récupération (dentelle, écailles de poisson, coton brut, filet de pêche usé), qu??elle libère de leur fonction tout en exploitant leur histoire, ce à quoi ils font écho. Loin d??être neutres ils amènent une présence, densifiant le réseau poétique et sensible qui se forme autour de l??oeuvre. La plume évoque ainsi la vie animale, quelque chose d??aérien et de très doux, de fragile aussi. Alice Schÿler Mallet est née en France en 1973. Elle a étudié à l??école d art Prep??Art à Paris puis à la Columbia University à New York l??anthropologie et les mathématiques, la philosophie et la vidéo à Concordia University à Montréal. Elle rentre à Paris et est diplomée de l ??ESEC en création vidéo en 1996. Depuis 2000, elle montre son travail d??installation et de vidéo entre autres à la galerie Avivson à Paris, en Norvège (galerie de Mandal), en Suède (centre d??art de Malmö), à New York (DIVA), à Vienne (Galerie Klaus Strickner), à La Haye (Alliance française), à Dubai (Alliance française) à Lyon (Le Stand) et diverses expositions à Dieppe et Rouen (Journées du patrimoine, festival de photographie, ?) Sari Myöhänen, installation in situ, 2010 Projet en cours Anri Sala Time after time, vidéo (5 min 22), 2003 Projetée dans les écuries du Manoir d??Ango, la vidéo Time after time d??Anri Sala surprend par son obscurité, son silence, tant que par son sujet. Le thème hippique était traité par les peintres impressionnistes, en particulier Manet et Degas, comme un aspect incontournable de la vie quotidienne au 19ème siècle. Le cheval permettait d??exprimer la vitesse, ce qui rejoint, chez les impressionnistes, l??attention portée à l??instant. Dans la vidéo de Sala, l??animal semble ne plus avoir de place, à une époque où l??automobile a depuis longtemps supplanté l??attelage. L??apparition d??un cheval immobile et fantomatique dans une écurie abando nnée est aussi incongrue et poétique que sa présence au bord d??une autoroute? Anri Sala dit s??intéresser dans ses vidéos à « ce qui hante le monde », en opposition à ce qui produit facilement du sens. Cette difficulté à lire le monde, on la retrouve dans d??autres vidéos de l??artiste. Dans Arena (2001), Anri Sala retourne dans un zoo qu??il visitait dans son enfance, et qui est maintenant abandonné. Ici la présence du cheval, là l??absence d??animaux : l??artiste relève ce qu??il ne comprend pas plutôt que ce qu??il connaît trop bien. Dans Time after time, l??étrangeté de la scène et l??obscurité donnent au cheval égaré une présence réellement fantomatique : il semble presque flotter en l??air, dans un temps suspendu. On est bien quelque part après le temps, où il n??y a plus qu??une pure durée, sans histoire, et sans cohérence. La caméra reste fixe, se refusant ainsi à déplacer notre regard, fixant obstinément le cheval lui-même paralysé par la peur. L??attention se porte alors sur les détails, comme face à un tableau. Ce qui nous est donné à voir, c??est l??apparition et la disparition de l??image, par l??action de la lumière : dans le quasi silence de la rumeur lointaine de la ville, le cheval abandonné est près de disparaître dans le noir, puis l??image renaît sous nos yeux. Ce vacillement de la mise au point révèle le dispositif vidéo, et évoque aussi notre regard sur le monde : la vision dépend de la source lumineuse et de l??ajustement de l??oeil sur un objet. On retrouve là un des principes de l??impressionnisme : le réalisme ne consiste pas à représenter une réalité entièrement nette, aux contours soulignés par des clairs-obscurs étudiés, mais bien plutôt à rendre compte de notre réalité subjective, incomplète et déformée, par la saturation de la lumière et la profondeur des ombres, la décomposition des couleurs ou encore l??incertitude des formes. Anri Sala est né en 1974 en Albanie. Il a poursuivi des études d??art commencées en Albanie à l???cole Nationale des Arts Décoratifs de Paris (section vidéo) puis au Fresnoy. Son travail interroge les thématiques de l??identité à travers histoires personnelles et collectives, en empruntant aux différents registres du cinéma : cinéma du réel, documentaire, performance, fiction. Reconnu internationalement, son travail a été sélectionné lors de nombreux festivals et manifestations, telles que la Biennale de Venise en 1999, dans le pavillon albanais, à l??exposition « After the wall » à Stockholm, à « Manifesta 3 » (2000) à Ljubjana, à « Voilà » au Musée d??art moderne de la Ville de Paris (2000), à la Biennale de Sao Paulo (2002), dans l??exposition « Focus » à Chicago (2004). Evénements Bois des Moutiers Route de l??Eglise, Varengeville-sur-mer V endredi 9 juillet à 22h Jean-Michel Bertin et invité surprise, Le Bois des Moutiers en lumière et en musique, Bal électro-bucolique Une surimpression de couleurs, de matières et de sons métamorphosera le parc du Bois des Moutiers le soir du vernissage, dans une folle hybridation entre la splendeur du jardin à l??anglaise et un combo d??effets bruts en chaine. Une musique électro cosmique. Une machine à fumée en haut de la pente. Un stroboscope dans un buisson. Un ventilateur géant dans un arbre. Des jeux de couleurs dans un bosquet. Un brasier sur un talus. Des micros feux d'artifices de temps à autres. Et la magie du parc? Jean-Michel Bertin est un scénographe au parcours hétéroclite, allant du duo électro Justice au ghetto-blaster de Diams en passant par le château de la Star??Ac, ou l??exposition Christian Lacroix aux Arts Décoratifs de Paris. Samedi 17 juillet à 20h30 : Claude Debussy Trio violon, violoncelle, piano Maurice Ravel Sonate violon-violoncelle (extraits) Albert Roussel : Segovia Erik Satie Gnossiennes n°1,2,3 Norman Yamada Miroir / Reflet, 2010 Jean-Pierre Armengaud, piano, Alessandro Fagiuoli, violon, Luca Paccagnella, violoncelle Ce programme est une promenade musicale à travers les différents visages impressionnistes de la musique française, qui ne cesse de s??évader d??un ??impressionnisme? convenu dans laquelle on voudrait l??enfermer : effusions impressionnistes, empreintes de romantisme russe du Trio du jeune Debussy, composé en Russie auprès de madame von Meck, la protectrice de Tchajkowski: impressionnisme étrange et nostalgique des Gnossiennes de Satie; croquis impressionnistes et piquants de la Segovia,fort peu connue au piano, d??Albert Roussel; aquarelles impressionnistes et traits sarcastiques, harmonies désespérées de la Sonate et du Trio de Maurice Ravel, auxquelles s??ajoute la surprise de la combinatoire impressionniste de la création de Norman Yamada. Ce programme est aussi un hommage aux paysages de la mer, du vent, et de craie polie par les siècles, ainsi qu??aux compositeurs et artistes qui ont puisé leur inspiration à Varangeville et à Dieppe. Jean-Pierre Armengaud Work in progress, Miroir / Reflet est un morceau composé par Norman Yamada pour un trio de piano et un violoncelle soliste, dans un esprit d??expérimentation musicale. Le soliste et le trio sont conçus comme deux groupes indépendants, séparés spatialement, qui créent un matériau sonore non coordonné, en vue d??explorer les relations entre premier plan et arrière plan. Le compositeur se réfère aux peintres impressionnistes, qui dans leur domaine, composaient également différents plans de lumière et de netteté. Norman Yamada revendique également l??influence de Debussy, pour son utilisation de la couleur du timbre et ses créations d??évènements harmoniques, plutôt que de traditionnelles compositions thématiques. Ce morceau se place également dans l??héritage plus contemporain de John Cage, dans le travail de recherche sur des phénomènes acoustiques, tels que l??effet de Haas, qui se produit dans l??écoute de sons venant de deux sources distinctes très légèrement décalés dans le temps. L??auditeur ne perçoit alors que la source la plus proche de son oreille, même si la seconde source est plus puissante. Ce concert sera donc un moment d??expérimenter l??écoute, d??être attentif à la manière dont on perçoit les sons et quelles impressions produit un dispositif particulier. Norman Yamada est un compositeur expérimental installé à New York. Il a publié deux albums dans le label « Tzadik and Avant Records », et travaillé avec plusieurs compositeurs leaders de la musique downtown de la scène new-yorkaise, notamment avec John Zorn, Marc Ribot, Roy Nathanson et Anthony Coleman. Ses compositions ont été présentées par le groupe « the Bang-on-a- Can All Stars » au Lincoln Center. Yamada montre un intérêt spécial par la musique ethnique et populaire de France, qui lui a déjà inspiré une pièce commandée par la Biennale de Dieppe en 2005, basée sur des chansons de marins en normands. Vendredi 23 juillet à 20h30 Edward Barrow, Concert Benoit Laporta: Guitare/clavier Jean-Baptiste Bernet: Banjo/harmonium Avec élégance, émotions pudiques, sensibilité et romantisme discrets, Edward Barrow, auteur, compositeur et interprète français d'origine anglaise s'impose comme un crooner du XXIème siècle par des compositions sobres, doucement mélancoliques, apaisantes et spontanées. Entre folk ambiancée et inflexions jazzy, Edward Barrow crée un univers musical singulier, à la fois intimiste et généreux où l'on devine les influences raffinées de Marianne Faithfull, Léonard Cohen ou bien encore d??Anthony and the Johnsons, Radiohead ou Scott Matthew. D'une voix suave et profonde, il dessine les contours d'une pop song aérienne et délicate, nourrie d'arrangements soignés. Dans sa musique s??épanouissent les souvenirs, les rêves, ou même de pures impressions de lumière et de couleurs. Ses chansons possèdent cette capacité à faire naître des images et une atmosphère particulières. Jouées dans le très beau salon de musique du Bois des Moutiers, elles entrent en correspondance avec la luxuriante et harmonieuse composition du jardin à l??anglaise. Jeune chanteur né à Paris, Edward Barrow, se consacre depuis quelques années à la musique. Il a convaincu le public sur les scènes du Pop In, du Truskell, aux Disquaires ou au New Morning. En juin 2009, il arrive en finale du festival Energenza et assure la première parie de Marianne Faithfull. http://www.myspace.com/edwardbarrow Dieppe Scène Nationale, 1 quai Bérigny, Dieppe Samedi 24 juillet 18h30 - Un voyage impressionniste à travers la collection Nouveaux Médias du Musée National d??Art Moderne, Centre Pompidou par Florence Parot Le programme Palimpseste est conçu spécialement pour ce Vidéo et après estival et hors les murs à l??occasion du Festival Diep. On parle parfois de « palimpseste » pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. C??est, conscients ou inconscients de l??héritage impressionniste, que les artistes contemporains explorent, aujourd??hui encore, cette révolution de la perception et de la représentation. Cette sélection donnera à voir des vidéos, qui selon des visions toutes personnelles, font du paysage, de la lumière et de la couleur les éléments essentiels de leurs travaux. Certaines oeuvres se voudront réalistes - choisissant leurs sujets dans la vie contemporaine, en ville et/ou à la campagne (Jean-Luc Godard, Rachel Reupke, Bill Viola) ?? les autres (Thierry Kuntzel, Nik Thoenen & Timo Novotny, Karo Goldt) s??attacheront à ne montrer que la part immatérielle de ces éléments. Florence Parot est attachée de conservation au Service Nouveaux Médias du Musée national d'art moderne, Centre Pompidou. Elle est en charge de la préservation, de l'enrichissement et de la mise en valeur de la collection vidéo. Elle s'occupe notamment de Vidéo et après, rendez-vous mensuel invitant les artistes à présenter leurs oeuvres. 20h30 - Une partie de campagne de Jean Renoir + La Dérive de Philippe Terrier- Hermann Jean Renoir, Une Partie de campagne, 1936, Film, 42 mn Tourné en forêt de Fontainebleau, ce film est une adaptation d??une nouvelle de Guy de Maupassant, et montre une famille de Parisiens passant un dimanche de l??été 1860 au bord de l??eau. Réalisé à l??époque de l??obtention des congés payés, c??est un hymne bucolique à la douceur de vivre. Jean Renoir renoue ici, comme dans son premier long métrage, La Fille de l??eau (1924), avec l??univers de son père, le peintre Auguste Renoir. On retrouve, transposées au cinéma, l??esthétique et les thématiques impressionnistes, au point que l??on peut faire correspondre littéralement des séquences d??Une Partie de campagne à des tableaux du père, La Balançoire, Les Canotiers, ou encore La Promenade. Cette « espèce de tendresse pour l??herbe, pour l??eau, pour les arbres » que ressent Henriette, un des personnages principaux, s??exprime par le traitement de la lumière et du cadrage de Jean Renoir comme elle s??exprimait dans les touches de peinture de son père. Philippe Terrier-Hermann La dérive, 2009, 60 min, version française sous-titrée anglais Deux jeunes hommes de bonne famille rencontrent deux hommes qui descendent la Seine en radeau, ayant choisi de quitter la société. Partagés entre peur et attirance, ils vont faire l??expérience de la dérive, ici acte de renoncement romantique. La narration classique qui pose dans un premier temps l??opposition entre le modèle de réussite sociale et la position nihiliste du marginal, s??efface progressivement au profit d??un cinéma plastique, contemplatif et symbolique. Cette déconstruction de la narration laisse ainsi une place grandissante à l??image, jusqu??à ce que celle-ci devienne quasiment autonome. Réalisé sur les mêmes lieux qu??Une Partie de campagne, référence qui s??est imposée au réalisateur comme une évidence après l??écriture du scénario, La dérive évoque de nombreux aspects du film de Renoir. Le cadre bucolique bien sûr, loin de l??agitation urbaine, éveille chez les personnages la même tension entre joie de vivre et mélancolie. Mais au-delà de la distance historique évidente, La dérive développe une esthétique proche de celle des impressionnistes, par cette attention grandissante portée aux éléments naturels, à leurs qualités plastiques et expressives. La caméra souligne la beauté des quatre garçons et du paysage ; la végétation, l??eau, le feu, de plus en plus présents, accompagnent les occupants du radeau, et leur dérive devient une manière de ne faire qu??un avec le monde, dans un mélange de fascination et de passivité morbide. Dessinant une quête de l??identité qui reste suspendue, ce voyage sur le fleuve oscille entre descente aux enfers et voyage initiatique. Cette première édition du DIEP Festival de la Côte d??Albâtre a été rendue possible grâce à l??agglomération Dieppe Maritime, la Région Haute-Normandie, le Département Seine??Maritime, la DRAC Haute-Normandie, Normandie Impressionniste 2010, la Mairie d??Arques-la-Bataille, la Mairie de Varengeville-sur-Mer, la Mairie de Dieppe, le Frac Franche-Comté, la Centrale nucléaire de Penly, l??Hôtel Aguado (Dieppe). Graphisme : Donuts - Bruxelles Contact presse : Anne Samson Communications Christelle de Bernède / Sarah Grisot 01 40 36 84 40 / contact@annesamson.com Visuels presse -Simon Faithful, We climbed round a final ridge and saw a whaling-boat entering the bay 2500ft, below. A few moments later we saw the sheds and factory of Stromness whaling-station. We paused and shook hands. Ernest Shackleton, 2005 - Collection Frac Franche-Comté - Ange Leccia, La Mer, 1991 -Gabor Osz, Stavern B. (Norvège), 2001 Collection Frac Franche-Comté -Andy Gillet et Philippe Terrier-Hermann, Persicaire, 2010 - Christian Merlhiot, Le Procès d??Oscar Wilde, 2010 - Xavier Veilhan - Paysage Fantôme n°5, 2003 - Collection Frac Franche-Comté - Véronique Ellena, Etretat, 2009 -Rada Boukova, De l??illusion, 2010-04-13 -Anri Sala, Time after time, 2003