Boulnois travaille dans le secret, avec ardeur, imprégné par la peinture de la Renaissance et le symbolisme de Jérôme Bosch, cherchant les justes allégories, retrouvant l'usage du masque et de la gargouille pour aller plus vite. Et pourtant, d'entrée, sans le moindre mal, son univers nous paraît familier, tant on aimerait mériter de nouveau l'innocence perdue et regagner le jardin d'Eden ou le royaume des fées dont nous sommes privés ; lui nous en donne les clefs. Mais attention pureté oblige. Qu??on ne s??y trompe pas : l??oeuvre de Boulnois n??est nullement naïve, pas plus que ne le sont les fables de Jean de la Fontaine qu??on ne devrait lire et apprécier qu??aux premiers cheveux blancs. Et ses thèmes sont là pour nous le rappeler : "Nous sommes peu de chose", "A chacun son chemin" ou " La chevauchée du non sens" sonnent comme les paraboles de notre société. Et quand il décline les rêves d'un petit garçon, ce sont les rêves perdues des grandes personnes que nous nous croyons devenues. Assurément, cette invitation au voyage est un bain de jouvence.


© Patrick Boulnois

Source CP Galerie Hamon - Le Havre