Jacques Honvault est photographe et ingénieur arts et métiers. Nous ne nous étendrons pas sur son parcours car il est au c?ur même de l??essai autobiographique qu??il nous livre. Un essai illustrant avec méthode et ouverture comment il a franchi ce pont naturel entre art et science que d??aucuns dénigrent. Un pont non pas purement théorique, mais vécu, répondant à la vocation plastique de l??humain que nous défendons ardemment. L??auteur nous immerge ainsi peu à peu dans cette métamorphose. Dans un premier temps avec la méthodologie de l??ingénieur, la réalité sociétale d??un métiers lié à l??automobile, puis en abordant concrètement l??épistémologie de l??ingénierie, l??épistémologie des sciences, son impact sur la croyance et l??imaginaire du chercheur. Et comment s??y prend-t-il ? A la fois en posant des hypothèses, en donnant des exemples concrets et des arguments de réflexion au lecteur, qu??il s??agisse des nombres complexes, de la systémique, de la gravitation ou plus généralement de la place de la recherche scientifique dans les arts et inversement. « Un esprit faiblement imaginatif ne découvrira que des faits mineurs en continuité avec l??existant alors qu??un esprit plus ouvert pourra potentiellement découvrir une réalité majeure » nous dit-il ainsi, afin de montrer la part de l??imaginaire dans les deux approches, leur différences et leurs similitudes, leurs écueils communs, ou encore « Que penser d'un homme qui passe sa vie à la recherche de la lumière dans le noir ? », phrase pouvant s??adresser aussi bien au physicien quantique qu??à la peinture contemporaine. Enfin, à propos de Bachelard « Il pensait que l??imagination était une déformation du réel, cette perception permettant de dépasser la réalité telle qu??elle est pour la conceptualiser ». Cependant, Jacques Honvault ne se contente pas de disserter, il photographie « l??ouverture d??esprit », la croyance, les idées ou le consumérisme dans leur expression la plus dynamique. Un regard mêlant la science à l??art, le sien et celui de l??ingénieur-poète Olivier Forti qui écrit avec acuité et sensibilité sur ces magnifiques photos, leur donne un double regard. Vision transdisciplinaire de ce monde traversé par la sémantique de l???uvre d??art et son pendant littéraire, plastique. Démarche pleinement consciente de l??auteur qui se reconnaît dans la réunification engendrée par la transdisciplinarité, par cette nouvelle réalité non dénigrante, mais entière, respectant l??homme, le créateur, le message, et non pas un titre, un diplôme ou un attribut social. Il résume les choses ainsi à ce propos : « Le fait de faire des parallèles entre un univers source et un univers d??étude très différent permet de contourner les barrières de l??univers source ». Suivons le sur cette voie ! Les approches transversales sont bien les seules à même de dénouer le mal-être de celui qui se situe à la lisière, ose franchir le seuil, veut faire tomber les barrières. Et il nous le montre au travers des ?uvres qu??il a exposé pendant trois mois au Palais de la Découverte dans le courant de l??année et à l??interprétation qu??il en donne. Ainsi, Ma cicatrice ou Puberté réalisées en 2007 et L??humanité, réalisée en 2010, qui pose des questions de société quant à l??écologie ou à la résistance au manichéisme. Son propre logo y est interprété dans cet esprit. Jacques Honvault conclura sur le saut transdisciplinaire qu??il a réalisé de la science à l??art et sur l??ouverture d??esprit que cela a causé en lui. Nous en sommes les témoins convaincus et reconnaissants.

par MW Debono de la revue Plastir

Pour en savoir plus :

les ateliers: http://jacqueshonvault.com/video13.php
la conférence en vidéo version théorique: http://jacqueshonvault.com/video12.php
conférence écrite en version théorique : http://jacqueshonvault.com/pdf/conf-pont.pdf
l'expo de différentes manières : http://jacqueshonvault.com/pdf/location_expo.pdf

Source : CP Jean François BROCHEC