Frédéric Brigaud est né le 16 juillet 1944 à Paris. Il fut élève à l???cole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, section sculpture, ateliers Couturier, Leygue, César et pensionnaire de la Casa Velazquez de 1975 à 1977. Il a notamment été professeur à l??ENSAAMA Olivier de Serres.

Brigaud ravive les contes dans ses bronzes enchanteurs. C??est beau, cela vous appelle d??une petite voix nostalgique, et vous souriez. Comptine ? (Picoti-picota) Tropismes métaphysiques ? (Le sens de la vie, l??Alchimiste, le voyage de Sindbad encore bébé dans son landau voilier). Humour noir et cruel, comme le festin de Barbe-Bleue, inavouable fricassée de bébés paupiettes ? Terreurs nocturnes ? (Le marchand de sable, le joueur de fl ûte de Hameln). Mythologies, citations culturelles : Icare, Faust, Marguerite redevenue fi llette et envolée hors de ses souliers mieux qu??un politicien hors de ses bottes ? Salomon, la reine de Saba, Papageno, Salomé et ses sept paires de mains ? Ces personnages labyrinthiques vivent l??équilibre du cauchemar : rouge, un paysage édredon, forme féminine, se plisse. Le dormeur n??arrive pas à l??égaliser. Une voix menace. La peur est là, existentielle : Quiconque a regardé le soleil fi xement Croit voir devant ses yeux voler obstinément Autour de lui, dans l??air une tache livide. Brigaud a contemplé le soleil. Il contourne la tache, cerne et matérialise le mythe contre l??éblouissant avec une précision palpable. Les Noirs, les Papous, écrit Roël D??Haese, attrapent la grande peur de l??être humain et la serrent dans une sculpture bien déterminée, pas dans une autre et tout le monde le sait. Le mal est emprisonné et pendant ce temps-là, on peut respirer. Jusqu??à ce que reviennent l??angle faux comme le sang sur la clé magique. Le diable met sa queue sur toutes choses. (Hoffmann) Chaque oeuvre s??épanouit entre la machine infernale du réel et la fascination de l??absolu. Brigaud y distille ses fi ltres à malice, ses admirations, de Bosch à Ipoustéguy, R. Haese ou Jeanclos, à qui il emprunte le tatouage des formes chez lui à travers des langes de bébés. Les contes, scellés, intemporels, réduisent l??horreur aux codes enregistrés, l??escamotent en légitimant la démarche. Devenu squatter de lui-même, l??artiste quitte sa coquille de Bernard-l??hermite rassuré. Que viene el cocoooo ... Yak Rivais Artension n° 25 - Septembre-octobre 2005

Exposition visible du lundi au vendredi de 9h à 18h

Galerie La Passerelle, IUFM de Haute-Normandie

2, rue du Tronquet 76130 Mont-Saint-Aignan Standard : 02 32 82 30 40

www.rouen.iufm.fr